C'est comme un grand vide, un ennui profond et total. Tout me paraît fade, des photos ternes au cause du soleil qui leur a volé leurs couleurs. Je me sens seule, déçue, invisible aux yeux de tous. Je suis une épave trop longtemps charriée par les flots déchaînés, mes cernes se creusent, ma peau se blanchie, l'automne est là. Pourtant le soleil coupable persiste, voulant rattraper les jours gris et froids de juillet mais je lui dis "trop tard", automne rime avec ciel gris et feuilles mortes. Pas étonnant que mon âme soit si sombre, je suis l'enfant d'une annuelle saison intermédiaire, mystérieuse et versatile.
Nous étions là, allongées dans l'herbe rase, la musique dans les oreilles, Lisztomania, New slang, respirant la poésie de l'instant et humant l'odeur des nuages entraînés dans une course folle. Le soleil chauffait nos paupières closes; nous étions sous perfusion de lumière.